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Programmation liée

Le de 12:30 à 13:30

Amel Malfait Lakhtara

Half & Half Closer

Triq Salama

une résidence dramaturgie

Amel Malfait Lakhtara

Du 23 février 2026 au 6 mars 2026

Durant cette résidence, Amel Malfait Lakhtara approfondit sa recherche visuelle et dramaturgique autour des multiples façons dont on dit au revoir — aux lieux, aux frontières, aux maisons, aux personnes. Cette recherche s’inscrit dans le développement d’une nouvelle performance, dont la matière première naît ici, dans l’exploration patiente d’images et de gestes. Plutôt que d’aborder le départ par le récit ou le texte, elle travaille à partir d’images, de mouvements et de fragments vidéo qui révèlent les mouvements émotionnels souterrains du fait de quitter.

Son processus se déploie comme une archéologie visuelle : recueillir des gestes de séparation, enregistrer les rituels silencieux qui accompagnent la transition, tracer les états fragiles qui existent entre rester et partir. À travers cette dramaturgie fondée presque entièrement sur l’image, elle explore comment les adieux résonnent dans les corps et les paysages, et comment l’acte de franchir — un espace, une relation, une version de soi — peut devenir à la fois rupture et régénération.

La résidence devient ainsi un laboratoire du départ, où la matière visuelle façonne le sens, et où la chorégraphie intime du laisser-aller prend progressivement forme.

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Amel Malfait Lakhtara (°1995, elle) est une metteuse en scène, scénographe et travailleuse socioculturelle belgo-marocaine. 

Après des études en histoire, en arabe et en philosophie, elle fait du théâtre son terrain d’exploration visuelle et obtient, en 2021, son diplôme en Drama & Directing au RITCS avec grande distinction. Lakhtara fait également partie des collectifs CaddyForPalestine et Collective Faire-Part.

Ancré dans l’esprit surréaliste et absurde de Bruxelles, le travail de Lakhtara dérive entre rêve et décomposition. Elle crée des univers visuels sur scène où l’abject et le magique s’entremêlent : des royaumes d’ombres de champignons, d’algues et de matières visqueuses — vivants, cycliques et en constante transformation.

Sa pratique brouille la frontière entre scène et sculpture, façonnant des espaces qui respirent, pourrissent et se régénèrent. Lakhtara se tourne vers les mouvements circulaires plutôt que vers les récits linéaires et s’intéresse au négatif de la réalité éveillée, à l’envers de l’existence. Elle explore les rythmes des réseaux mycéliens, la pulsation des méduses et les échos de la mémoire intergénérationnelle. Dans chacune de ses œuvres, elle cherche la connexion — réactivant ce qui est considéré comme matière morte et célébrant les liens invisibles qui relient toutes choses. Son théâtre et sa scénographie invitent les publics dans des écosystèmes tactiles où la transformation semble à la fois intime et cosmique.