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Programmation liée

Le de 12:30 à 13:30

Alphonse Eklou Uwantege

Half & Half Closer

Failles (oqt)

une résidence dramaturgie

Alphonse Eklou Uwantege

Du 6 avril 2026 au 17 avril 2026

Ecrire les silences 4 3

« failles (oqt) » s’ancre dans l’histoire de mon père, parti du Togo vers l’URSS en 1986. Je nais à Minsk en 1996, et nous arrivons à Bruxelles en 1998, où commence une décennie sans papiers : une enfance faite d’attente, de survie et de silences qui protègent autant qu’ils blessent.
En 2003, une obligation de quitter le territoire tombe sur nos noms, révélant la violence d’un État qui fabrique l’exclusion comme règle. Vingt ans plus tard, mon père est belge. Moi, non. C’est là que naît la faille.
Deuxième volet du diptyque ouvert avec « reste(s) », ce projet explore les langues coupées, les héritages contradictoires et les blessures intimes que l’assimilation imprime dans les corps diasporiques. En duo avec mon père, j’invente un troisième territoire : un espace où les papiers deviennent archives sensibles et où nos silences, enfin, se mettent à parler, une tentative de réécrire l’histoire depuis nos marges avec celles et ceux qui acceptent de traverser ce paysage avec nous.

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Sagittaire queer, néx à Minsk d’une mère rwandaise et d’un père togolais, Alphonse est mannequin, performeureuse et metteureuse en scène baséx à Bruxelles.

Son travail prend appui sur le corps comme outil, l’écriture comme arme de résurrection et la performance comme urgence politique. Il s’agit pour iel de déjouer les normes de la représentation et de déplacer le lien entre spectateurices et performeureuses en perturbant les espaces scéniques et les cadres de réception.

Titulaire d’un master à l’ISAC, iel crée entre Bruxelles, Anvers, Kigali et Paris. Son parcours se construit à travers des collaborations qui traversent la performance, la mode, la danse, le théâtre et les arts visuels.

Dans le premier volet de son diptyque, reste(s), Alphonse développe une recherche autour des traumas transgénérationnels, de la mémoire invisible et des transmissions coloniales. Le solo est pensé comme un hommage à son oncle, Alphonse Kanimba, assassiné pendant le génocide des Tutsis en 1994.

Avec failles (oqt), iel poursuit cette recherche à partir de son histoire familiale. L’exil, les années sans papiers et l’obligation de quitter le territoire reçue durant l’enfance y sont abordés comme des expériences qui s’impriment dans les corps et les modes de présence. Le spectacle se construit en duo avec son père, autour des gestes, des langues perdues, des documents administratifs et des formes de résistance face à l’effacement.