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Résidence liée

Du 16 mars 2026 au 27 mars 2026

Got the track spinning around, like I’m chasing a shortcut, like it’s a biggest date

Naya Alezina

une résidence dramaturgie

Naya Alezina

Half & Half Closer

Le de 12:30 à 13:00

Visuel Naya Alezina

Marquant la fin de la résidence « Got the track spinning around, like I’m chasing a shortcut, like it’s a biggest date » de Naya Alezina, ce « Half & Half Closer », propose une rencontre en deux temps : un entretien de 30 minutes enregistré et en public, mené par l’équipe de La Bellone pour échanger avec l’artiste sur son travail en cours, puis un moment de discussion informelle autour d’un verre.

Gratuit et sur inscription

Au sujet de sa résidence :

Après son 23ème anniversaire fêté, Naya sort la tête d’une montagne de paillettes et nous explique les prémices de « Got the track spinning around, like I’m chasing a shortcut, like it’s a biggest date » : C’est une méthode pour moi de faire un arrêt sur image, un arrêt dans le flux, me permettant de raconter depuis un instant t, depuis un endroit particulier, (dans la bribe chaotique d’un noir inaccessible (…) c’est dans la nuit que peut subsister, se révéler; imaginer, enfin envisager, l’état des lieux d’un paysage désolé,  hormis de ce qui gratte.) 

Visible between two gazes, when all has been seen and the eye closes with a blink, the left hand, equipped with long curling fingers, rummages through, silent, inverted, broken 

I tripped like a pudding under glass. 

180 on the shoulder lane. Then drift gently down to the dead surface, my eyes sharp and merciless enough to endure. Need for grip… 

It took so much endurance to just crack open my research process this year. Following intuitions of a series of storms, I wrote along the edges, of incoherence, of my mixed identity, of silence, of the risk to fall, in the falling in love. Supported by “mon équipe de sauvetage”, we arrived in another time and space, where something began to seep out… 

Soudain, c’est comme si tout s’ouvrait. J’éventre pour qu’on puisse y pénétrer. On est dedans, on ressent tout. C’est le cœur, ce lieu-là est nerveux, il est gluant, il est gainé. Et si je me métamorphose, si vous m’aviez invité à me défendre quand vous avez décidé de venir voir avec moi. Inviter à formuler des flashs d’une mythologie émancipatrice qui fait émerger du néant tout un monde intérieur. Et si quelqu’un pouvait m’accompagner ? Quelqu’un de confiance, qui verrait pour moi pendant que je descends au fond. Un relais. Un témoin. Un intermédiaire. Une forme d’Oracle, mais version 808, sample, et vibrations. Et s’il existe une dialectique des destins mêlés alors cette figure de DJ est comme un veilleur de nuit pour moi, dans cet espace                 Call me if you get lost  

C’est dans cette tension entre exposition et protection, intimité et stratégie que cette nouvelle recherche s’ancre. Comment écrire depuis une faille, un débordement, une matière enfouie qui cherche à se dire ? Et comment coconstruire un espace affectif et collectif, capable d’installer les conditions d’écoute et de vulnérabilité nécessaires au récit intérieur ?  

En janvier 2025, la recherche a connu un temps d’arrêt, suite à la fin d’une grande aventure amoureuse. Ce basculement intime n’est pas le thème central, mais constitue une sous-couche sensible du processus. Elle m’invente un espace-temps d’endurance, devenant un mode d’adresse où le solo ne peut plus être envisagé comme une entité isolée. Accompagné par celle que Sabine Cmelniski nommerait comme « mon équipe de sauvetage » : la recherche est naturellement devenue une méthodologie de l’appui. Comment donner forme à ces soutiens invisibles (?) est devenu le point repos, le point d’écoute, un espace de transformation partagé entre vulnérabilité et résilience. Nous plongeant dans un chant/champ poético-politique qui pose d’emblée la question d’appartenance à une équipe :

avec qui je veux m’asseoir,
« mais qui veut s’asseoir à ma table »

 avec qui j’ose partager cette table ?

Au sein d’une économie du désir et de la projection (...) ici, dans une posture presque cocky, qui cherche à crier : CLAIMING BACK AGENCY !  

Au sujet de l’artiste :

Formée aux Beaux-Arts de Nantes, je cherche très tôt à dépasser la matérialité visible de l’objet, creusant son contenu pour y sonder sa densité, « an intimately violent, pragmatic, medium, inner level [...] of the stuffness of material structure ».  Cette démarche m’a conduite à intégrer l’ISAC (Institut Supérieur des Arts et Chorégraphies) à Bruxelles en 2021, où j’y développe jusqu’en 2025 une pensée du mouvement comme manière d’ouvrir les images : un geste de « creusement » à déployer par le corps et le mouvement chorégraphié. 

À travers mes premières recherches chorégraphiques je dépouille mon univers saturé, dis-je de : « trop de couleurs, trop de parades et de superflus », afin de trouver de la clarté dans les interstices, les images discrètes et transitoires, invisibilisées par celles qui crient le Grandiose, le Divertissement ou le Capitalisme.

En repensant à ma dernière création Alors il ne reste qu’une sorte de bave (2024, Recyclart, Bruxelles), travail chorégraphique et textuel sur l’envers de l’image, plus particulièrement l’envers du décor : « faire suinter le glittering des façades du fascisme triomphant. » Je posais ici les bases d’un questionnement plus large : Comment retirer toutes les formes de filtres, d’apparat et qu’est-ce qui survient, en reste, survit ? Comment faire entendre un besoin sans le dissimuler sous la forme ? Autrement dit :  Comment révéler, par le corps, la densité de nos images et les tensions internes qui les traversent ?

Ces problématiques prolongent mon travail sur l’intériorité de l’image. J’en situe aujourd’hui l’urgence : trouver des formes pour nos indicibles, nos informulé.es, nos débordements…lieu à partir desquelles je développe une écriture chorégraphique autour de la notion de teXXture : une couche intérieure, trouble et narrative. « Comment (se) raconter et (se) situer lorsqu'au cœur de nos corps et de nos histoires reposent des discontinuités fondamentales ». Les prémices de ce qui brodent une nouvelle création en cours : Got the track spinning around, like I’m chasing a shortcut, like it’s a biggest date.

Je m’attache à creuser un geste structural comme revendication d’un contre-espace hors des régimes dominants de visibilité : l’espace de l’en-dessous. C’est depuis cette faille, ce trou, cette zone moite et crouteuse, discontinue et instable qu’aujourd’hui je (m)’accompagne, performe ou porte regard d’alliée, d’amie, de dramaturge au côté d’Alphonse Eklou Uwantege dans Reste(s), Durch den Monsun de Zoé Hagen, Opus III avec Golestân Outil-Rouhi, Histoire de l’eau pour Mahi Hadjammar, (…) Depuis des zones pirates nous tentons d’adresser la complexité de nos mondes intérieurs et extérieurs.