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Résidence liée

Du 30 mars 2026 au 17 avril 2026

Lotophages (titre provisoire)

Mehdi Mojahid

une résidence création

Mehdi Mojahid

Tender Session

Le de 18:00 à 20:00

Visuel Mehdi Mojahid

Lors des Tender Session un groupe de 10 à 15 personnes – pas forcément issues du monde du spectacle – se réunit autour d’un besoin spécifique du projet d’un·e artiste en résidence. Ce sont des moments imprévisibles dans leur forme parce que chacun vient répondre à la nécessité du moment.

Ici, dans le cadre de sa résidence autour de « Lotophages » (titre provisoire), Mehdi Mojahid vous invite à vous frotter à son processus de création, à échanger et expérimenter ensemble et avec tendresse.

Gratuit et sur inscription. 

Quelques mots sur son travail en cours :

Avec « Lotophages » (titre provisoire), Mehdi questionnera la construction des masculinités à travers les récits héroïques de la tradition occidentale. Le point de départ est un épisode de l’Odyssée d’Homère : le peuple des Lotophages, dont le fruit enivrant plonge les guerriers dans l’oubli de leur identité et du désir de retour. Ce mythe – fondement de l’imaginaire occidental – agit comme une surface de projection que Mehdi a décortiqué dans le but d’en éditer une matrice.

Avec « Lotophages » les performers seront invités à tordre cette matrice, la mettre en crise, ouvrir les fissures et en créer. Il s’agit de déplacer les codes attachés aux identités masculines héroïques : la violence guerrière comme signe de puissance, la camaraderie virile comme lexique exclusif de l’amitié, mais aussi les modes de complicité entre hommes, qu’ils soient hétéronormés (hooliganisme, bromance) ou gay (espaces de cruising, codes de drague).

L’oubli, au cœur de cet épisode de l’Odyssée, devient un outil dramaturgique et politique. L’oubli peut être refoulement coupable – celui des corps militaires qui taisent la mémoire des violences commises, celui des systèmes normatifs qui homogénéisent les différences. Mais il peut aussi être libération : désapprendre, se défaire des injonctions virilistes, inventer des identités mouvantes. Ce double mouvement – refoulement et désapprentissage – structure la recherche.

Au sujet de de Mehdi :

Mehdi Mojahid est chorégraphe, danseur et performeur basé à Bruxelles. Après de nombreuses résidences entre Montréal, Berlin, Marseille et Bruxelles, il a développé une pratique où la chorégraphie devient un outil critique pour interroger les identités, les récits et leurs inscriptions dans les corps. Ses pièces – Danse de Silence (2017), Hagioscope (2018-2020), FUCK SOMA : addiction (2020), FUCK SOMA 2 : assimilation (2023) explorent les tensions entre héritages culturels, normes sociales et désirs de réinvention.

Cette réinvention passe par une réappropriation : se réapproprier des récits, des techniques, des gestes, pour les faire dériver ailleurs et ouvrir d’autres possibles. Parallèlement à ses propres créations, il est régulièrement sollicité comme collaborateur artistique. Il a notamment travaillé comme performeur pour Romeo Castellucci (Das Rheingold, 2023), danseur pour Olivier Py (Henry VIII, 2023). Il collabore à la chorégraphie de projets portés par Rafael R. Villalobos (Tosca, 2021 et 2026), Hakim Bouacha (Cliché, 2026) ainsi que ceux d’une dizaine d’artistes drag et cabaret bruxellois depuis 2022.

Son travail s’ancre dans la recherche au long cours : lauréat de la bourse L’L – Recherche Chercher Autrement (2019-2024), il a poursuivi une méthodologie singulière où recherche et création s’entrelacent. En 2025, il est sélectionné pour une résidence d’écriture de la Fédération Wallonie-Bruxelles au Centre Culturel de Rencontre Abbaye Neimënster. Il est aussi l’auteur de Tracer sa danse (L’L éditions, 2025), qui restitue une part de cette démarche.